Michel Soucy (Canada, Schefferville, 1963 -)

Plasticien et scénographe d'origine canadienne, diplômé du Central Saint Martins College of Arts and Design de Londres, Michel Soucy vit et travaille à Bruxelles depuis bientôt cinq ans.

Son parcours artistique l'amène à expérimenter différents mediums, la peinture, la sculpture, la photographie, l'infographie sans oublier la vidéo "Do you feel" et "Rituel" pour lesquelles il est primé en 1989.

Michel Soucy s'intéresse particulièrement à l'image du corps. Inlassablement passées au crible, en peinture comme en photographie, les parties du corps sont examinées d'une manière quasi chirurgicale. Sous l'angle microscopique, la perspective est troublante, le sujet se renouvelle. Exploration de la tête, de la peau ou des organes... les chairs se muent en textures, concrétions colorées. Elles proposent un nouveau regard sur le corps et l'esprit transfigurés.

Dans les années 90, les séries Infections, Gros plans, et Matières sont exposées à Montréal. Son oeuvre groupant peintures et dessins invite le public à se plonger dans une atmosphère mêlant à la fois glauque et raffinement.

Il entame ensuite une démarche expérimentale sur l'observation anatomique passant littéralement l'image du corps à la loupe. L'exposition Corps à corps voit le jour, une oeuvre forte aux confins de la peinture et de la photographie.

En 2004, les séries Audition, Face à face et Persona non grata explorent le thème de l'isolement, de l'identité et de la reconnaissance.

Puis vient le thème des femmes. L'exposition "Women" voit le jour et est présenté à la galerie Libre cours en 2006.


L’AMBIGUÏTE DES IMAGES

La démarche picturale de Michel Soucy s’inscrit entre effacement et affirmation. Son œuvre bivouaque ainsi entre lisibilité et suggestion. Ainsi chaque spectateur subit une palpitation du regard, une interférence du possible et de l’indéterminé. Et l’évanescence des choses vues, des choses peintes frôle étrangement l’approche précise.


Le visage de l’Inuit nous offre un profil double. Sa présence vibre et fluctue. Elle possède un regard poreux, évasif. De ce fait la lecture unique devient plurielle. Soucy nous propose seulement des fragments, des cadrages rapprochés de l’être. Chez lui rien n’est stable. Nous sommes en présence de portraits de femmes, mais rien n’est déterminé avec précision. Tout tangue dans un cache-cache incertain. La beauté fragmentée s’incruste dans un aplat rouge. Le corset est une suggestion vive. L’attente n’a pas de regard. Isabelle est proche de l’évanescence. Et la femme assoupie est surtout une promesse, un devenir.
Les photos d’origine sont filtrées et le spectateur invente en quelque sorte sa propre perception sensible. Les torses, les poitrines, les visages tournoient et offrent au regardeur de multiples propositions visuelles.


Chez Michel Soucy rien n’est déterminé de façon irrémédiable, ce qui ouvre un champ libre à l’imaginaire.

Jo Dustin

Août 2006

 

 

 
 


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