Women, des femmes
sous le regard de Michel Soucy
L’artiste s’était manifesté au printemps
2005 avec des portraits à
feu, des visages dérangeants
mais vrais.
Il revient avec une série consacrée aux femmes.
Il les peint mais ne peut s’empêcher de regarder derrière
l’apparence.
La première impression devant ces inconnues est le sentiment
de solitude et c’est
presque normal quand on sait que l’artiste est né très
loin, aux confins du Labrador glacé, dans une ville minière
appelée Schefferville
en 1963.
C’est au bout de nulle part, d’où sans doute
ce sentiment d’isolement qui le taraude.
Plasticien et scénographe diplômé du Central
St Martins College of Arts and Design, il est venu s’établir
à Bruxelles voici cinq ans.
La recherche sur l’image de synthèse et la création
de story-boards ou de décors pour le cinéma, n’ont
jamais cassé son élan de portraitiste de l’impossible.
« Il y a de la poésie dans l’horreur »,
écrivait-il naguère et j’ai pensé devant
certains portraits aux interprétations d’Arnulf Rainer
ou de Francis Bacon mais avec la tendresse, en plus.
Les femmes de Michel Soucy sont seules ou abandonnées mais
il leur reste le rêve,
un souvenir de tendresse
qui les sauve du néant.
Derrière cette peinture
rude et gestuelle,
le choix des couleurs indique la présence latente de l’espoir.
Anita NARDON
Socles s& cimaises, sept 2006